« L’Algérie et le conflit du Sahara occidental », nouveau livre d’Ali Bahaijoub*

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Un document de référence. « L’Algérie et le conflit du Sahara occidental » (Algeria And The Western Sahara Conflict), tel est le titre du livre en langue anglaise que vient de publier Ali Bahaijoub aux éditions North-South Books.

Dans cet ouvrage (526 pages), l’auteur consacre plusieurs chapitres à l’évolution du conflit régional sur le Sahara, notamment l’implication directe de l’Algérie dans ce conflit artificiel, ainsi que les grandes percées diplomatiques réalisées par le Maroc, dont son retour à l’Union Africaine après 33 ans d’absence et la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine sur le Sahara.

La reconnaissance par Washington… Une percée historique

Pour l’auteur, la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara constitue « une percée d’importance historique » à plusieurs niveaux et ouvre la voie à une nouvelle ère pour la résolution de cette question qui envenime les relations entre l’Algérie et le Maroc, surtout que les pourparlers, entre les parties, sous l’égide de l’ONU, n’ont abouti à aucune solution depuis la mise en place du cessez-le-feu négocié par l’ONU en 1991, puis la décision des instances onusiennes d’abandonner l’option référendaire jugée « irréalisable ».

La décision américaine permettra, selon l’auteur, de sortir de l’impasse et d’accélérer le processus de recherche d’une solution juste et durable au problème sans fin qui entrave l’unité des pays du Maghreb depuis plus de quatre décennies.
Elle devrait aussi servir de base au nouvel Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, « sachant très bien que le pays le plus puissant de la planète et leader du monde libre occidental a désormais reconnu la souveraineté du Maroc sur le territoire contesté et que tout écart par rapport à la proposition marocaine d’autonomie entraînerait un veto des États-Unis en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU ».

Pour Ali Bahaijoub, les États-Unis restent déterminés à oeuvrer avec le Maroc, le Polisario soutenu par l’Algérie et tous les acteurs régionaux et internationaux pour parvenir à une solution négociée en vue d’une région maghrébine plus pacifique et plus prospère.
L’accord entre Washington et Rabat, en vertu duquel les Etats-Unis ont reconnu la marocanité du Sahara et le Maroc a normalisé ses relations avec Israël, arrive à un moment important où le conflit était depuis longtemps dans l’impasse et dont la trêve a de nouveau été interrompue le 13 novembre 2020 après trois décennies de cessez-le-feu.

Elle a apporté un élan à la diplomatie marocaine, qui a enregistré des succès de grande ampleur comme l’atteste l’ouverture, cette année, des consulats de 17 États africains et arabes au Sahara.

« Ce qui est important, c’est le fait que la ferveur nationaliste à l’égard du Sahara occidental à travers tout le Maroc l’emporte sur la normalisation avec Israël », souligne Bahaijoub.

Lassitude du peuple algérien

Selon l’auteur, des signes de lassitude concernant la question saharienne sont apparus parmi les Algériens qui laissent entrevoir que l’héritage de Boumediène devenait impopulaire malgré les affirmations officielles des dirigeants au pouvoir.

La question du Sahara en Algérie est une question « militaire et gouvernementale » héritée de l’ère Boumediène, souligne Bahaijoub, relevant que la nouvelle génération algérienne croit fermement en l’idéal de l’unité du Maghreb recherchée par les peuples de la région depuis l’indépendance. La « cause sahraouie » n’est plus populaire en Algérie simplement parce que, comme l’a souligné un haut responsable algérien, « c’est une cause du gouvernement ».

L’auteur relève, par ailleurs, les difficultés qu’éprouve le pouvoir algérien depuis le déclenchement du printemps arabe, un pouvoir qui a toujours exploité, depuis l’indépendance, le traumatisme laissé par les 132 années du régime colonial français et en assimilant le printemps arabe à une forme de néo-colonialisme.
À ce jour, le spectre du colonialisme reste le fondement idéologique du régime et la base de sa propagande, et permet aux soi-disant libérateurs du pays (Moudjahidines), aujourd’hui tous les 70 ans dépassés, de se présenter toujours comme les seuls dirigeants possibles du pays.

L’intervention directe de la France pour chasser Mouammar Kadhafi en Libye a fait le jeu des dirigeants algériens qui présentent depuis toujours la France, la CIA et Israël comme les ennemis de longue date de l’État algérien, souligne l’auteur.

L’Algérie est aujourd’hui dépassée par les événements et ses approches politiques et économiques sont épuisées. « Outre la dépendance des hydrocarbures et les défis qui y sont associés, les contradictions (de l’Algérie) sont exacerbées par une présidence soumise au pouvoir de l’armée ».

Les protestations populaires représentent un risque important pour la l’Algérie vu le vide politique laissé après le départ de Bouteflika et les revendications insistantes du peuple algérien pour un gouvernement civil élu et non pas imposé par les militaires comme ce fut le cas le 12 décembre lorsque Albdelmajid Tebboune a été « élu » président au mépris des appels populaires à de véritables élections libres et régulières d’un chef d’Etat civil.

La proposition marocaine d’autonomie, un garant de stabilité et de sécurité

Pour l’auteur, sur le plan sécuritaire, l’initiative marocaine d’autonomie est aussi un garant de stabilité et de sécurité dans la région au moment où la zone du Sahel connait la présence de groupes terroristes comme Jamaa Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), AQMI, Boko Haram et de groupes affiliés à l’État islamique, et dont le nombre a été multiplié par sept depuis la mi 2017.

Selon lui, la nature transnationale des menaces à la sécurité dans la région exige des gouvernements de partager les renseignements et de coopérer en matière de sécurité.
« Malheureusement, les menaces ont été aggravées par des rivalités interétatiques persistantes et des frontières fermées », déplore Bahaijoub pour qui la sécurité des frontières entre les pays d’Afrique du Nord dépend non seulement des capacités nationales mais aussi de la coopération internationale.

Lorsque les pays ne coordonnent pas leurs actions ou ne collaborent pas comme l’Algérie et le Maroc, ils créent des vides sécuritaires et des opportunités qui sont exploitées par les groupes terroristes de la région, écrit-il.

Pour lui, la région et l’Afrique dans son ensemble ont plus que jamais besoin d’une action immédiate et déterminée pour stabiliser le continent, consolider sa sécurité et lui permettre de se concentrer sur le développement durable. « Cela peut facilement être réalisé par l’Algérie et le Maroc à condition de résoudre leurs différends sur le Sahara occidental ».
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